On déplace la carte le jour même
Le vieillissement des deals et toutes les durées de cycle se calculent sur les dates de changement d'étape. Des cartes déplacées le vendredi par lots transforment notre appareil de mesure en mesure d'hygiène CRM.
Pas de deal sans prochaine étape
Chaque deal ouvert porte une activité planifiée. Sans elle, personne (pas même toi dans trois semaines) ne sait ce qui doit arriver ensuite. C'est ainsi qu'un deal meurt en silence.
La chaîne des trois pipelines
Un deal ne vit jamais dans deux pipelines à la fois. Ce qui change entre les deux jonctions, c'est qu'on déplace le deal dans un cas et qu'on en crée un nouveau dans l'autre.
Qualification marketing
Tout lead entrant y atterrit et n'en sort que qualifié. Ce sont les commerciaux qui appellent : ce pipeline mesure leur travail de prise de contact : combien de leads sont tentés, joints, qualifiés. Trois étapes seulement (À qualifier, Tentative en cours, Contact établi), et la qualification s'exprime par le départ vers New Business.
New Business
La vente proprement dite. C'est le seul pipeline qui porte de l'argent : le produit attaché au deal y détermine le MRR, la valeur et la prévision.
Onboarding & Go-live
La livraison. Les deals y valent 0 €, ce qui empêche mécaniquement le même contrat d'être compté deux fois dans les rapports de revenu.
L'attribution se fait à l'entrée, pas à la sortie. Un lead entrant n'appartient à personne tant qu'un commercial ne s'en saisit pas. Le geste qui l'attribue, c'est le passage en Tentative en cours : celui qui déplace la carte se met propriétaire du deal au même moment. Sans ça, les alertes d'inactivité partent au créateur du deal et tous les rapports par commercial sont faux.
Le basculement vers New Business se fait ensuite à la main, en deux gestes, depuis la fiche du deal : changer le pipeline, choisir l'étape Qualifié. Le propriétaire, lui, est déjà le bon.
Les sept étapes
Les durées indiquées sont des seuils d'inactivité : elles comptent les jours sans activité sur le deal, pas le temps passé dans l'étape. Un deal bloqué trois mois mais entretenu par un mail hebdomadaire ne sera jamais signalé.
Qualifié3 j sans activité
Un commercial s'est saisi du lead et confirme les critères de qualification. C'est le moment de la reprise : quelqu'un a pris la main, l'affaire lui appartient.
Le lead arrive de Contact établi, dernière étape du pipeline entrant. Il n'existe pas d'étape « qualifié » là-bas : la qualification s'exprime par le déplacement lui-même. Un lead joint mais non qualifié ne franchit pas la frontière : il est marqué perdu dans le pipeline entrant, avec son motif.
Le seul champ exigé de tout le parcours amont, et l'acte de qualification lui-même. Cette information ne se reconstitue pas : dans six mois personne ne se souviendra d'où venait ce prospect, et l'attribution de tout ce qu'on dépense en acquisition en dépend.
Découverte planifiée5 j sans activité
Le prospect a accepté un rendez-vous et le créneau est posé. Un « il est intéressé, je le rappelle » ne suffit pas : c'est la date dans l'agenda qui fait l'étape.
Un inbound qui prend lui-même rendez-vous entre directement ici, sans passer par la qualification marketing : personne ne l'a appelé, et le faire transiter gonflerait l'entonnoir d'appel des commerciaux d'une ligne qu'ils n'ont pas produite.
Découverte faite5 j sans activité
Le cadrage est tenu, démo comprise le cas échéant. La démo n'a pas d'étape à elle : elle se fait dans la découverte quand elle est utile.
C'est ici qu'on renseigne Segment et Cas d'usage. Non bloquants, mais ce sont eux qui permettront de dire quel type de client se convertit le mieux.
Chiffrage demandé3 j sans activité
Le prospect a demandé un devis et le périmètre est confirmé. C'est lui qui demande, pas nous qui proposons d'en envoyer un.
Le temps passé entre cette étape et la suivante mesure notre délai de production des devis. C'est un goulot interne, donc corrigeable tout de suite : autant qu'il se voie.
Proposition envoyée7 j sans activité
Le devis chiffré est parti. Le produit est attaché au deal : c'est lui qui porte le prix, jamais une saisie manuelle de montant.
Règle sans exception : un deal ne quitte pas cette étape sans ligne de produit. Sans produit il n'y a ni valeur, ni MRR, ni prévision : le deal pèse zéro dans tous les chiffres tout en ayant l'air d'avancer.
Renseigne aussi la date de clôture prévue. C'est elle qui range le deal dans un mois de prévision ; laissée vide, ton deal n'existe dans aucune prévision.
Pilote en cours (optionnelle)10 j sans activité
Le test est lancé, critères de succès et date de bilan convenus. Le pilote est un engagement contractualisé, pas un essai informel.
Écris les Métriques de succès avant de lancer, jamais après. Un pilote dont personne n'a fixé la barre se termine par un débat plutôt que par une décision.
Le passage de Proposition envoyée à cette étape est notre indicateur commercial numéro un : le devis exprime un intérêt, le pilote une conviction.
Validation en cours7 j sans activité
Accord de principe matérialisé par un écrit : un mail de confirmation, un bon pour accord. Un « c'est bon de notre côté » au téléphone n'est pas cette étape.
C'est la dernière barrière avant la signature. « Gagné » n'est pas une étape mais un statut : rien ne peut être exigé au moment où tu marques le deal gagné, donc tout est exigé ici.
Ces trois-là commandent tout ce qui se passe après la signature. Sans date d'échéance, aucune relance de renouvellement ne partira jamais sur ce client, ni dans un an ni jamais. Sans crédits inclus, aucune alerte ne préviendra qu'il est sur le point d'épuiser son stock et de voir le service se bloquer.
Quatre grandeurs à ne pas confondre
C'est la source d'erreur numéro un, et elle a une conséquence directe : un chiffre de MRR bâti sur la valeur du deal serait douze fois trop élevé.
| Grandeur | Ce que c'est | Sur l'exemple |
|---|---|---|
| MRR | Le revenu mensuel récurrent. Calculé tout seul à partir du produit | 239,20 € |
| ARR | MRR × 12 | 2 870,40 € |
| Valeur du deal | Le total du contrat, récurrent et ponctuel | 4 370,40 € |
| ACV | Le récurrent annualisé plus le ponctuel de la première année | 4 370,40 € |
Le commercial ne saisit plus aucun montant à la main. Il attache le produit, règle le nombre de cycles, et le CRM calcule le reste. Et le nombre de cycles se règle sur le deal, pas sur le produit : attacher un abonnement annuel sans préciser 12 cycles crée un abonnement à durée indéterminée et une valeur de contrat fausse.
Le catalogue
Le forfait vendu est porté par le catalogue produits : il n'existe pas de champ « Forfait », parce que le catalogue est le foyer naturel d'une grille tarifaire et de ses variations.
| Produit | Code | Fréquence |
|---|---|---|
| Starter mensuel | SL-STA-M | Mensuelle, sans terme |
| Starter annuel | SL-STA-A | Mensuelle, 12 cycles |
| Pro mensuel | SL-PRO-M | Mensuelle, sans terme |
| Pro annuel | SL-PRO-A | Mensuelle, 12 cycles |
| Business mensuel | SL-BUS-M | Mensuelle, sans terme |
| Business annuel | SL-BUS-A | Mensuelle, 12 cycles |
| Sur-mesure (prix à saisir) | SL-CUSTOM | Réglée sur le deal |
| Recharge de crédits | SL-CREDIT | Ponctuel |
| Mission ponctuelle (prix à saisir) | SL-MISSION | Ponctuel |
| Pilote (prix à saisir) | SL-PILOTE | Ponctuel |
| Frais de mise en service | SL-SETUP | Ponctuel |
La grille publique : Starter 99 €/mois · Pro 299 €/mois · Business 599 €/mois. En annuel, −20 % : 79,20 · 239,20 · 479,20, facturés mensuellement avec un engagement de douze cycles.
Tous les abonnements sont récurrents à fréquence mensuelle, y compris les annuels. L'engagement de douze mois se traduit par le prix remisé et le nombre de cycles, pas par une fréquence annuelle. Starter Annuel, c'est 79,20 € par mois pendant 12 cycles, pas 950,40 € une fois par an.
Un prix négocié se saisit sur le deal, jamais dans le catalogue. L'écran d'ajout pré-remplit le prix catalogue et le laisse modifiable. Sur un palier standard, préfère une remise à un prix réécrit : elle laisse le prix catalogue visible, donc l'écart devient mesurable. Écraser le prix efface la trace.
Les crédits
Un client achète un stock de crédits pour toute la durée de son contrat, le consomme au rythme qu'il veut, et ce qui reste est perdu à l'échéance. Le service se bloque quand les crédits sont épuisés.
Une recharge de crédits est un produit ponctuel sur un deal : elle augmente les crédits inclus sans toucher au MRR.
Une mission ponctuelle
Une mission d'un ou deux mois se modélise comme un abonnement court. Une mission de 12 000 € sur deux mois s'attache en 6 000 €/mois pendant 2 cycles, avec SL-MISSION, et Type de contrat réglé sur Mission one-shot.
C'est fonctionnellement exact, puisqu'il s'agit bien d'un flux sur une durée déterminée, et ça remet la mission dans la valeur du deal, la prévision et les rapports.
Le pilote et le contrat cible
Un seul deal, et il porte le contrat cible. On ne coupe pas en deux : c'est la même affaire qui avance, la proposition contient déjà les deux, et couper ferait perdre la mesure du cycle complet.
| Ce qu'on attache | Produit | Fréquence | Effet |
|---|---|---|---|
| Le contrat cible | SL-CUSTOM ou le palier | Mensuelle, N cycles | Porte la valeur, le MRR et l'ARR |
| Le pilote | SL-PILOTE | Ponctuel | Entre dans la valeur, jamais dans le MRR |
Pourquoi le pilote est ponctuel alors qu'une mission est un abonnement court : c'est la question qui revient le plus. Parce qu'une mission est le deal, alors qu'un pilote est une étape vers un deal plus gros. Modéliser un pilote de 2 000 € sur deux mois en récurrent y mettrait 1 000 € de MRR, un MRR qui n'existera jamais, qui s'additionnerait au MRR cible et polluerait la prévision d'un chiffre inventé.
Règle la date de clôture prévue à la fin du pilote plus le délai de décision, jamais à aujourd'hui. C'est le réglage le plus souvent oublié sur les cycles longs : laissée par défaut, elle met le contrat cible dans le mois courant et la prévision se dégonfle mécaniquement à chaque fin de mois.
Un pilote gratuit ne s'attache pas. Pas de ligne, pas de produit : seul le contrat cible est sur le deal, et l'étape Pilote en cours suffit à dire qu'un test tourne.
Issue 1 : abonnement direct
Le deal continue vers Validation en cours. On renseigne Issue du pilote.
Issue 2 : renégociation
On modifie le prix de la ligne d'abonnement et le deal continue. Il ne revient pas en Proposition envoyée : ce serait une seconde entrée dans l'étape, et les taux de conversion deviendraient faux.
Issue 3 : pilote non concluant
Le deal est marqué perdu, contrat cible compris, avec le motif Pilote non concluant. Les honoraires du pilote restent acquis mais n'apparaissent pas dans le CRM : ils vivent dans la facturation.
C'est le motif le plus instructif du lot : le seul endroit où le produit est jugé sur pièces.
Un renouvellement qui change le prix
Un renouvellement à l'identique n'est pas une affaire. Les dates se décalent toutes seules sur la fiche du client, et c'est tout. Créer un deal chaque année pour un contrat qui se reconduit sans changement gonflerait le nombre de deals gagnés et fausserait tous les taux.
Un renouvellement qui change le MRR, en revanche, est une affaire. Il se négocie, il peut échouer, il a un propriétaire et une date.
| Où | Un deal ordinaire dans New Business, entrant à l'étape correspondant à l'avancement réel, souvent Chiffrage demandé ou Proposition envoyée |
| Quoi | Le produit porte le nouveau montant total, jamais l'écart. Un client à 2 000 € qui passe à 3 000 € : une ligne à 3 000 € |
| Le marqueur | Canal d'acquisition = Base installée |
Pourquoi le total et non l'écart. Une ligne à 1 000 € donnerait un MRR de 1 000 € sur un client qui en paie 3 000 : la valeur du deal, l'ARR et l'ACV deviendraient faux, et une baisse exigerait une ligne négative. L'écart se calcule tout seul ; il ne se saisit pas.
Une baisse de prix reste un deal gagné. Le client a signé : l'affaire est remportée même si le revenu baisse. C'est la variation de MRR qui porte la mauvaise nouvelle, pas le statut du deal. Confondre les deux ferait disparaître du reporting les renégociations à la baisse, qui sont précisément ce qu'on veut voir venir.
Un client qui s'en va
Un churn n'est pas un deal, et surtout pas un deal perdu. Le deal a été gagné, il le reste : le repasser en perdu effacerait le revenu de l'historique.
Le départ se consigne sur l'organisation, et il y a deux moments, pas un.
| Moment | Ce qui est vrai | Ce qu'on écrit |
|---|---|---|
| Il prévient | Il paie encore, jusqu'au terme | Étiquette À risque · date de churn = la date de fin effective · le MRR ne bouge pas |
| Le contrat se termine | Il ne paie plus | Le MRR churné reçoit l'ancien montant, le MRR actuel passe à 0, étiquette Churné |
Ne jamais churner un client au moment où il prévient. Une résiliation notifiée le 5 septembre pour une fin au 31 décembre laisse quatre mois de revenu encaissé. C'est la date de fin qui compte, jamais celle de l'annonce.
L'organisation ne se supprime jamais. Elle garde ses deals gagnés, son historique et son MRR churné. C'est aussi notre meilleure liste de reconquête.
Perdre un deal
Un deal perdu se marque perdu, avec un motif. Jamais supprimé, jamais laissé à traîner. Un deal perdu compte dans le taux de conversion : c'est précisément ce qui nous dira si nos campagnes attirent les bonnes personnes. Le texte libre est désactivé : il faut choisir dans la liste.
| Le deal meurt… | Motifs | Le problème est |
|---|---|---|
| Avant tout contact | Coordonnées invalides · Sans réponse | La joignabilité : qualité des données, horaires d'appel, nombre de tentatives |
| Après contact, avant qualification | Hors cible · Volume insuffisant · Timing · Concurrent | Le ciblage : nos campagnes ramènent les mauvaises personnes |
| Après la proposition | Prix/budget · Concurrent · Contrainte RGPD/juridique | Le prix ou la concurrence |
| Après le pilote | Pilote non concluant | Le produit, jugé sur pièces |
Le motif Timing mérite un geste de plus. C'est le seul cas où le prospect est bon et où seule la date est mauvaise : notre vivier le moins cher. Crée une activité de recontact datée avant de fermer le deal. Sans elle, le lead est perdu pour de bon, et personne ne le rouvrira. Le jour venu, rouvre le deal plutôt que d'en créer un nouveau.
Un lead déjà perdu qui revient crée un nouveau deal, et c'est voulu. Un nouvel événement mérite un nouveau deal, et l'historique reste porté par le contact. En revanche, deux soumissions pendant qu'un deal est encore ouvert n'en font qu'un : le système ajoute une note au deal existant plutôt que d'en créer un second.
Glossaire
Le vocabulaire des commerciaux ne correspond pas toujours à celui du CRM.
Questions fréquentes
Je veux prendre un lead entrant. Je fais quoi exactement ?
Deux choses dans le même mouvement : tu te mets propriétaire du deal et tu le passes en Tentative en cours. C'est ça, se saisir d'un lead : personne ne te l'affecte, personne ne te distribue une file.
Tant que ce geste n'est pas fait, le lead appartient au compte qui l'a créé : aucune alerte n'arrive chez un commercial, et il vieillit sans être le problème de qui que ce soit.
Ensuite, Contact établi dès que tu as eu quelqu'un au téléphone, pas quand tu as laissé un message. Puis le lead part en New Business à l'étape Qualifié, ou il est marqué perdu avec son motif. Il n'y a pas de troisième sortie.
Un inbound a pris rendez-vous tout seul. Il va dans quelle étape ?
Directement en Découverte planifiée, dans New Business. Pas par la qualification marketing.
Le critère d'entrée de cette étape est « le prospect a accepté un rendez-vous et le créneau est posé » : quelqu'un qui a booké l'a rempli avant même d'arriver. Le faire transiter par la qualification marketing ajouterait une ligne à un entonnoir qui ne l'a pas produite : ce pipeline mesure le travail d'appel des commerciaux, et personne n'a appelé cette personne.
Ne passe pas non plus par Qualifié : un deal qui traverse une étape en zéro seconde ne mesure rien et donne un taux de passage de 100 % qui ne veut rien dire.
On a un deal one-shot, une mission sur un ou deux mois. Je fais comment ?
SL-MISSION en abonnement court : le montant total divisé par le nombre de mois, avec autant de cycles. Une mission de 12 000 € sur deux mois s'attache en 6 000 €/mois pendant 2 cycles. Et Type de contrat = Mission one-shot.
Le client veut un forfait sur mesure, à un prix négocié. Où je saisis le prix ?
Sur le deal, jamais dans le catalogue. Fiche du deal → section Produits → ajouter SL-CUSTOM → saisir le montant mensuel négocié, la quantité, la fréquence et le nombre de cycles.
Le catalogue n'est jamais touché : un deal à 450 €/mois ne modifie pas le produit, et une révision de grille ne réécrit pas les deals signés.
Le MRR, je dois le saisir quelque part ?
Non. Il se calcule tout seul à partir des produits récurrents attachés au deal. Il n'existe aucun champ de MRR à remplir à la main, et s'il en traîne un dans une vue, il ne faut pas l'alimenter.
C'est quoi la différence entre « Canal d'origine » et « Canal d'acquisition » ?
Deux champs, deux questions différentes.
Canal d'origine est un champ natif du CRM, en lecture seule. Il nomme l'outil qui a créé l'enregistrement : Marketplace, Web forms, Campaigns. On ne le remplit pas, on n'y touche pas.
Canal d'acquisition est le nôtre. Il dit par quel canal commercial le prospect est arrivé : Inbound, Outbound, Partenaire, Référence client, Base installée, Essai self-serve. C'est celui qu'il faut renseigner, et le seul qui compte pour l'attribution.
Mon rendez-vous a été posé mais le prospect n'est pas venu.
Le deal reste en Découverte planifiée. On replanifie sous cinq jours. Si ça ne se replanifie pas, on marque le deal perdu avec le motif Sans réponse. Le deal ne recule jamais d'une étape : un retour en arrière compterait une seconde entrée dans l'étape et fausserait les taux.
Un prospect m'a redemandé un devis après le pilote, moins cher. Je recule le deal ?
Non. Le deal ne revient pas en Proposition envoyée. On modifie le prix de la ligne de produit et on continue vers Validation en cours.
Le client m'a dit oui au téléphone. Je passe en Validation en cours ?
Pas encore. Le critère est « accord de principe matérialisé par un écrit » : un mail de confirmation, un bon pour accord. Un accord verbal ne suffit pas, parce que c'est la dernière barrière avant la signature et qu'il y a trois champs à remplir derrière.
Pourquoi ces trois champs bloquent juste avant la signature et pas au moment de « Gagné » ?
Parce que « Gagné » n'est pas une étape, c'est un statut. Le CRM ne sait exiger un champ qu'à une étape ; il ne peut rien exiger au moment où l'on marque un deal gagné. Validation en cours est donc le dernier endroit possible.
Le deal est gagné. Je dois créer l'onboarding ?
Non, il se crée tout seul le lendemain matin, avec la même organisation, le même contact et le même propriétaire, à 0 €.
Un client change d'abonnement. Je modifie le deal signé ?
Jamais. Un deal gagné enregistre la transaction telle qu'elle a été signée, à sa date. Il est figé. Réécrire ses lignes de produit ferait basculer rétroactivement le revenu de mars sur le mois de juin, et tous les rapports déjà sortis changeraient sous nos pieds.
Le changement, c'est un nouveau deal dans New Business, portant le nouveau montant total et jamais l'écart, avec Canal d'acquisition = Base installée. C'est ce réglage qui empêche le changement d'être compté comme un nouveau client.
C'est vrai à la hausse comme à la baisse, et à l'échéance comme en cours de contrat : voir Un renouvellement qui change le prix, la mécanique est la même.
Le changement tombe au milieu du contrat. Je mets combien de cycles ?
Ceux qui restent, pas douze. Un client Pro annuel qui passe en Business au quatrième mois d'un engagement de douze : SL-BUSINESS à 479,20 €/mois × 8 cycles. La valeur du deal vaut alors 3 833,60 €, soit ce qui sera réellement facturé au titre de ce contrat.
L'ARR affichera 5 750,40 € sur ce deal, soit douze mois. C'est normal : l'ARR annualise toujours le récurrent, quel que soit le nombre de cycles restants. Ce n'est pas une erreur, et il ne faut pas « corriger » le nombre de cycles pour faire coïncider les deux.
Le vrai piège est ailleurs : la date d'échéance. Si le changement fait repartir un engagement de douze mois, il faut pousser Date d'échéance du contrat sur la fiche de l'organisation. Oubliée, la relance de renouvellement partira un an trop tôt, ou jamais. Si l'engagement ne repart pas, on n'y touche pas.
Le prix a bougé sans que personne n'ait rien vendu. Je crée un deal quand même ?
Non. Un client qui franchit un palier de volume et dont le prix s'ajuste tout seul selon le contrat, ou qui demande une baisse par mail sans qu'il y ait eu la moindre négociation, ne produit pas de deal. On met à jour la fiche de l'organisation et on consigne une note préfixée Changement d'abonnement :.
Créer un deal pour ce que personne n'a vendu remplit l'entonnoir d'affaires gagnées à 100 % : le taux de conversion ne veut alors plus rien dire, et le temps de cycle non plus.
Le test : est-ce que quelqu'un a poussé, chiffré, négocié ? Si oui, c'est un deal. Sinon, c'est une écriture.
Qu'est-ce que je mets à jour sur la fiche du client après un changement d'abonnement ?
Quatre champs, et l'ordre compte :
| 1 | MRR précédent ← l'ancienne valeur de MRR actuel, recopiée avant toute autre chose |
| 2 | MRR actuel ← la nouvelle valeur |
| 3 | Crédits inclus ← ceux du nouveau palier |
| 4 | Date d'échéance du contrat ← seulement si l'engagement repart |
L'ordre n'est pas cosmétique. Écrire MRR actuel en premier efface définitivement la seule valeur qui permette de mesurer l'expansion. Sans elle, personne ne peut plus dire si le client a monté ou descendu, ni de combien. La variation ne se retrouve nulle part ailleurs, puisque la valeur des deals ne la porte pas.
MRR précédent est un champ organisation encore à créer. Tant qu'il n'existe pas, écris l'ancienne valeur dans la note Changement d'abonnement :. C'est moins bien, mais ce n'est pas perdu.
Un client résilie. Je passe son deal en perdu ?
Non, jamais. Le deal a été gagné, il le reste. Le départ se consigne sur la fiche de l'organisation : étiquette À risque avec la date de fin effective, puis Churné le jour du terme.
Mon deal est à 0 € alors que j'ai bien vendu quelque chose.
Il manque le produit. La valeur d'un deal ne se saisit pas : elle vient des lignes de produits. Fiche du deal → section Produits → ajouter le SKU correspondant.
Je ne sais pas dans quelle étape mettre mon deal.
Choisis celle qui décrit la réalité, pas celle qui flatte la prévision. En cas d'hésitation entre deux étapes, prends la plus basse : un deal rangé trop haut se paye au moment où il faut expliquer pourquoi il n'a pas signé.
Ce qu'on entend souvent et qui est faux
| L'idée reçue | Ce qui est vrai |
|---|---|
| « La valeur du deal, c'est le MRR » | La valeur est le total du contrat. Un Pro annuel affiche 2 870,40 € pour un MRR de 239,20 € |
| « Je saisis le montant à la main » | Le montant vient du produit attaché. Aucune saisie manuelle de valeur |
| « Un pilote se modélise comme une mission » | Non : une mission est le deal, un pilote est une étape vers un deal plus gros |
| « Un client qui part, c'est un deal perdu » | Non. Le deal a été gagné et le reste. Le départ se consigne sur l'organisation |
| « Une baisse de prix, c'est un deal perdu » | Non. Le client a signé : le deal est gagné. C'est la variation de MRR qui porte la mauvaise nouvelle |
| « Le renouvellement se saisit en écart » | Non : le produit porte le nouveau total. L'écart se calcule tout seul |
| « Je remplirai le canal d'acquisition plus tard » | Il ne se reconstitue pas. Dans six mois, l'information est définitivement perdue |
| « Un no-show fait reculer le deal » | Non, il reste à son étape. Un deal ne recule jamais |
| « Je déplacerai mes cartes en fin de semaine » | Les durées de cycle se calculent sur les dates de changement d'étape. Un déplacement groupé fausse toutes les mesures |
| « Additionner les deals gagnés donne le MRR du client » | Non : un client qui a signé, élargi puis renouvelé a trois deals gagnés. Son MRR réel est sur sa fiche d'organisation |
Ce qui n'est pas encore tranché
Sur ces sujets, il n'y a pas de règle : ne pas improviser, demander au propriétaire du CRM.
Les critères précis de qualification
Ce qui autorise un lead à entrer en étape Qualifié n'a jamais été écrit noir sur blanc. C'est le premier sujet de la session de cadrage : on classe trois deals réels ensemble, et on écrit la règle qui en sort.
Le nombre de crédits inclus par palier
Starter, Pro, Business : non arbitré. Aucune alerte de consommation ne peut donc se calculer aujourd'hui.
La fenêtre de crédits d'un abonnement mensuel
Un mensuel donne-t-il un stock par mois, ou pour toute la durée du contrat ? La règle « pour la période contractuelle » est établie pour les annuels, pas pour les mensuels.
Les prix sans grille
Sur-mesure, mission, pilote, recharge, mise en service : non figés. Ils se saisissent sur le deal au cas par cas.